vendredi 31 mars 2006
Celui qui cueillait les respounchous
Il y a cinq ans, lorsque je me suis installée dans la région, j'ai découvert avec étonnement lors de l'arrivée du printemps un curieux phénomène chez mes collègues albigeois.
Phénomène plus accentué le vendredi et le lundi (syndrome du "tu vas faire quoi/t'as fait quoi ce week end ?") se traduisant par une excitation surprenante dès que quelqu'un prononçait cette petite phrase sybilline : "on va aux respounchous !"
Aux quoi ?!?!
"aux respounchous !!"
Petite minute culturelle : le tamier (Tamus Communis L.) plante répandue à
travers toute la France plus connue et largement utilisée sous le nom
populaire d'«herbe aux femmes battues» (car sa racine était utilisée pour soigner les bleus), provoque au printemps chez
les habitants de la région d'Albi, Carmaux, Castres, une étonnante
passion gustative pour ses pousses, qui les entraîne à aller les
cueillir jusqu'à des 200 km de chez eux.
Ne voulant pas mourir idiote, et surtout refusant de passer à côté d'une potentielle extase gastronomique, j'ai évidemment décidé d'imiter l'autochtone et de goûter la chose. A l'époque, une de mes collègues accepta volontiers de m'initier.
Le principal intérêt, à mon sens, réside davantage dans le plaisir de la recherche et de la cueillette que dans leur dégustation et c'est donc surtout attirée par le temps printanier du week-end dernier que je suis repartie en chasse !

Cette plante pousse le long des talus, des haies, dans des coins plutôt humides. Ses feuilles sont en forme de coeur et elle pousse un peu comme une liane, s'enroulant autour de la première ronce venue, en faisant des vrilles.
On ne cueille que l'extrémité
de la plante, qui ressemble à une pointe d'asperge très fine.
Voilà ce qu'il faut chercher !
Les pousses doivent être vertes, très minces, et très tendres à manger soit en salade, soit en omelette. Elles ont une légère amertume.
Voici ma petite récolte :
J'ai ensuite lavé et trié soigneusement mes "respounchou" pour ne garder que les pointes.
Côté préparation, rien de plus simple : je les ai juste ébouillantées deux minutes.
Elles ont rejoint une poignée de salade mélangée, j'ai coupé par dessus un oeuf mollet encore tiède et c'est tout !
Bilan : même si dans l'histoire ce que je préfère c'est la cueillette, je me suis quand même régalée avec cette petite salade, ce qui me fait penser que oui, maintenant, je suis bien du Sud Ouest ! ;o)
* * *
Je vous laisse avec ces petites violettes timides et vous souhaite un bon week-end !
Commentaires
Ces violettes, ce ne serait pas des pensées ?
;-)
En tout cas, elle avait l'air bien bonnee ta petite recette. J'aimerais bien aller à la cueillette des respounchous !
Tout à coup, j'ai eu un doute. J'ai zoomé sur le photo et je me suis dit : "P'têt' ben que c'est quand même des violettes ?!". Vérification dans google : les violettes et les pensées appartiennent à la même "famille", celle des violacae !
hihi!
sont-ce des petites asperges sauvages?
Super drôle ta narration!
Merci pour ce quart d'heure culturel Albigeois :)
Ca me fait beaucoup penser aux asperges sauvages aussi, il y en a qui se damneraient pour cette petite chose la!
je ne connaissais pas du tout. J'ai beaucoup apprécié la lecture de ton billet. Et merci pour la violette.
j'ai encore appris quelque chose aujourd'hui! Comme quoi les blogs sont utiles!
héhé :) Moi je prononce ripounchousss :D et je l'écris bien comme toi ;D
Merci pour la minute culturelle, et surtout pour les jolies fleurs :)
C'est aussi le sport local dans le sud est où on les appelles asperges sauvages. Concernant la cuisson, c'est sauté à la poële avec une lichette d'huile d'olive; Puis nature ou en omelette
Rolala, çà fait super envie ces petites asperges sauvages avec un oeuf poché ! Miam ! ;-)
Scherneel > pour la prononciation, j'ai pas l'accent, donc ça marche moins bien quand c'est moi qui le dit ! ;o))
Et pour toutes celles qui ont parlé d'asperges, c'est presque ça, mais pas tout à fait. je me suis un peu baladée sur quelques forum et les mordus de botanique disent que c'est pas pareil !
En tout cas, ça a un petit côté amer, un peu comme les pissenlits, moi j'aime bien.
T'as pas l'accent!!!!! Cte honte ;))) Je blague hein ;)
Tiens ? je ne connaissais pas, très intéressant à lire ton billet !
je pensais aussi à de petites asperges sauvages, mais bon tout faux donc! en tout ca c'est joliment raconté ton aventure campagnarde!
On n'est pourtant pas loin, mais je connaissais pas (et moi je suis du cru !) mais bon il est vrai que je suis bien plus au nord ... chez nous c'est plutôt aillet et barragane !
et oui, merci Anne Cé pour la minute "qui nous rendra moins cons avant de se coucher ce soir" ... ;o)
ca a en effet l'air très bien comme ça, tièdies avec l'oeuf poché ... rien à redire !
respensons
je crois que respounchous ça s'écrit plutôt comme ça "responsons". La cuisson est beaucoup plus délicate afin de limiter l'amertume de ce légume qui n'est absolument pas une asperge sauvage. cette plante est beaucoupe apprécié des carmausins; et pour en savoir plus, tomber amoureuse d'un homme du terroir; et ainsi pendant la saison, tu en mangerais tous les jours en salade avec des oeufs et des lardons, préparés par ses petits soins.
Valérie
petite précision.
les responchouss se ramassent aussi dans la région Gaillacoise d'où je suis,et où ils sont trés appréciés,et même dans la famille chocolat de Haute Savoie (Annecy) et sans oublier dans le Tarn (Vivier les montagnes).
salut!!
Avis d'une aveyronnaise
Dans le département d'à côté, on en trouve aussi (à condition de les chercher bien sûr) et c'est bien une de mes occupations préférées du week-end. Pour la prononciation, c'est presque pareil : je ne prononce pas le premier "s" mais j'insiste sur le second, ça fait donc "répounchous"...
En revanche, j'adore les manger crus, simplement coupés tous les 1,5-2 cm et accompagnés d'un oeuf dur et d'une vinaigrette assez relevée. Voilà !
attention
toute fois attention, si les jeunes pousses sont gustatives, les baies de cette plante (tamier) sont super dangeureuses... toxiques et peuvent même provoquer jusqu' au coma...
Autrement, la racine qui provoque une sensation de brulure vive, sert en application légère à attenuer les contusions et ruhmatismes...
voili voilou...
Pas d'accord sur tout
Les asperges sauvages ne poussent que sur les sols calcaires. Ce ne sont pas des sparagus. mais des cousins.
La photo me semble représenter du houblon sauvage qui pousse sur les terrais schisteux.
Le TAMIER est une autre plante
Le "répounchou", est une plante poussant au bord des fossés au soleil , je suis persuadé que c'estdu raifort sauvage
Alors petite explication, le repounchous est en fait une plante appelée le Tamier ou herbe des femmes battues c est tres amer et ramasse dans le tarn, le Lot et l'aveyron. Quand au asperge sauvage ce snt des asparagus donc de la meme famille que les asperges verte blanche ou viollette mais sauvage et donc de petite taille.
voila bonne appetit a tous
MIEUX CONNAITRE
Merci pour vos infos j'ai entendu ce dimanche pour la première fois parler des "respounchous" dans un vide grenier et je suis des htes pyrénées, chez nous nous n'en trouvons pas peut être à cause du climat trop froid et alors je me suis documentée et je trouve cela très intéressant merci à tous pour vos infos et vos recettes je suis une fana de nature je sais que dans le 31 tout prêt de chez moi, il s'en trouve alors tous à la recherche des respounchous moi aussi je vais essayer d'en trouver.......
j'y ai eu droit aussi...
J'ai beaucoup rit en lisnat ce billet.
Je suis arrivée à l'Ecole des mines d'albi à la rentrée dernière et j'ai aussi, dès le printemps entendu parler des respouchous.
J'ai tout d'abord cru que les autoctones de ma promo se moquaient de moi et me fesaient marcher dans une histoire genre "dahut".
J'ai part la suite eu l'immence plaisir de dégouvrir le gout (a vrai dire assez immonde) de cette plante que l'on trouve comme ils disent "par les bartas".
Il parait qu'il faut s'habituer au gout...
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