Il y a cinq ans, lorsque je me suis installée dans la région, j'ai découvert avec étonnement lors de l'arrivée du printemps un curieux phénomène chez mes collègues albigeois.

Phénomène plus accentué le vendredi et le lundi (syndrome du "tu vas faire quoi/t'as fait quoi ce week end ?") se traduisant par une excitation surprenante dès que quelqu'un prononçait cette petite phrase sybilline : "on va aux respounchous !"

Aux quoi ?!?!
"aux respounchous !!"

Petite minute culturelle : le tamier (Tamus Communis L.) plante répandue à travers toute la France plus connue et largement utilisée sous le nom populaire d'«herbe aux femmes battues» (car sa racine était utilisée pour soigner les bleus), provoque au printemps chez les habitants de la région d'Albi, Carmaux, Castres, une étonnante passion gustative pour ses pousses, qui les entraîne à aller les cueillir jusqu'à des 200 km de chez eux.


Ne voulant pas mourir idiote, et surtout refusant de passer à côté d'une potentielle extase gastronomique, j'ai évidemment décidé d'imiter l'autochtone et de goûter la chose. A l'époque, une de mes collègues accepta volontiers de m'initier.

Le principal intérêt, à mon sens, réside davantage dans le plaisir de la recherche et de la cueillette que dans leur dégustation et c'est donc surtout attirée par le temps printanier du week-end dernier que je suis repartie en chasse !


respounchous
Cette plante pousse le long des talus, des haies, dans des coins plutôt humides. Ses feuilles sont en forme de coeur et elle pousse un peu comme une liane, s'enroulant autour de la première ronce venue, en faisant des vrilles.
On ne cueille que l'extrémité de la plante, qui ressemble à une pointe d'asperge très fine.

Voilà ce qu'il faut chercher !
respounchous1
Les pousses doivent être vertes, très minces, et très tendres à manger soit en salade, soit en omelette. Elles ont une légère amertume.

Voici ma petite récolte :

J'ai ensuite lavé et trié soigneusement mes "respounchou" pour ne garder que les pointes.
Côté préparation, rien de plus simple : je les ai juste ébouillantées deux minutes.
Elles ont rejoint une poignée de salade mélangée, j'ai coupé par dessus un oeuf mollet encore tiède et c'est tout !

respounchous2

Bilan : même si dans l'histoire ce que je préfère c'est la cueillette, je me suis quand même régalée avec cette petite salade, ce qui me fait penser que oui, maintenant, je suis bien du Sud Ouest ! ;o)

* * *

Je vous laisse avec ces petites violettes timides et vous souhaite un bon week-end !


violette